Découvrez l’interview de la capitaine des Carian Crusaders, Rellana

Capitaine des Carian Crusaders
Calme. Droite. Presque immobile.
Quand on arrive au bord de la piste d’entraînement, on la remarque immédiatement — non pas parce qu’elle parle fort ou donne des ordres, mais précisément parce qu’elle n’en a pas besoin.
Rellana, capitaine des Carian Crusaders, observe.
Autour d’elle, les lames s’entrechoquent, les pas glissent sur le sol ciré, Seluvis proteste bruyamment contre une touche « injuste », et pourtant, au centre de tout cela, elle reste d’un calme presque lunaire.
Nous avons pris quelques minutes pour discuter avec celle qui dirige l’équipe la plus redoutée du circuit inter-maisons.
Comment es-tu devenue capitaine des Crusaders ?
Honnêtement… ce n’est jamais vraiment une décision officielle.
On ne m’a pas nommée un matin.
J’ai simplement commencé à arriver plus tôt que les autres.
À partir plus tard.
À corriger les postures.
À refaire les assauts.
Et un jour, tout le monde a commencé à me regarder avant un match.
Alors j’ai compris.
Ton style d’escrime est très particulier : deux lames, beaucoup de contrôle. C’est intentionnel ?
Oui.
Beaucoup d’escrimeurs cherchent à aller plus vite que l’adversaire.
Moi, je préfère qu’il se fatigue à essayer.
Deux lames, ce n’est pas pour attaquer davantage.
C’est pour fermer les options.
Si l’autre ne peut plus choisir… le combat est déjà terminé.
On dit que tu parles très peu pendant les matchs. C’est vrai ?
(Rires discrets)
Je n’ai jamais compris l’intérêt de crier.
Si l’équipe a besoin qu’on hurle pour rester concentrée, alors le travail a déjà été mal fait à l’entraînement.
Un regard suffit.
Comment décrirais-tu ton rôle de capitaine ?
Je ne dirige pas.
Je règle le tempo.
Chaque membre a sa personnalité, mon travail, c’est de faire en sorte que tout cela devienne une harmonie, pas un chaos.
Une équipe, c’est comme un duel : trop d’énergie, on s’expose ; pas assez, on subit.
Il faut l’équilibre.
Seluvis justement… comment gères-tu son caractère ?
(Il y a un très léger sourire.)
Je lui rappelle simplement que provoquer n’est utile que si l’on gagne derrière.
Et pour l’instant… il gagne.
Donc je tolère.
Quel est le moment que tu préfères dans une compétition ?
Juste avant d’entrer sur la piste.
Le silence.
Quand tout le bruit du public disparaît et qu’il ne reste que la respiration.
C’est là que l’on sait si l’on est prêt.
Si le cœur est calme… la victoire suit souvent.
Et ce que tu apprécies le moins ?
Les blessures.
Perdre un match, ça arrive.
Perdre un membre de l’équipe pour une saison… c’est plus difficile.
Nous sommes plus qu’un club.
On s’entraîne ensemble tous les jours.
On finit par se connaître par cœur.
Quel conseil donnerais-tu aux jeunes escrimeurs qui rêvent de rejoindre Caria ?
Arrêtez de chercher à toucher vite.
Cherchez d’abord à comprendre.
Regardez. Écoutez. Analysez.
La lame n’est que la conclusion du raisonnement.
Si vous pensez correctement… votre corps suivra.
Un dernier mot pour les supporters des Crusaders ?
Merci.
Votre présence compte plus que vous ne l’imaginez.
Même si je ne le montre pas toujours.
